Je viens de terminer une mini-campagne dans le but de tester certains aspects du jeu. Cette campagne, fictive, mettait aux prises le IIIe corps français avec la première armée prussienne.

1er_corps_francais.JPG

1e_armee_allemande.JPG

La carte opérationnelle couvrait les alentours de Metz et de Thionville, surtout à l'ouest.

Carte nord

carte mini-campagne sud

L'Allemand avait reçu pour objectif de s'emparer de Conflans, point ferroviaire stratégique et de rejeter les forces françaises sur Metz, en conservant suffisamment de forces pour assiéger la ville. Le Français avait pour objectif de conserver des forces libres de mouvement et suffisantes. La durée de la campagne avait été fixée à quatre jours, chaque jour étant divisé en six tours stratégiques de trois heures (de 4h du matin à 22h). Ces tours stratégiques pouvaient se diviser en cas de combat en six tours tactiques de trente minutes, conformément à la règle 1870.

Jour 1

Le joueur français décida de diviser son corps en pions ayant la force d'une brigade et fit dès les premières heures établir par son génie des fortifications de campagne entre Metz au sud et Bronvaux au nord (à l'est de St Privat la Montagne). Il garda par ailleurs une division à Conflans et des forces à Moineville et au sud de St Ail. Il négligea donc complètement la moitié nord de la carte. L'Allemand de son côté, sûr de sa force décida de commencer la campagne avec deux corps (les Ier et VIIè) et ses deux divisions de cavalerie, et garda en réserve hors de la carte le VIIIè corps, préférant attendre le résultat de ses reconnaissances avant d'engager ce dernier corps. Le VIIe Corps fut donc envoyé pour traverser la Moselle à Blettange (à l'est de Richemont) où un pont n'avait pas été détruit, devancé par ses deux régiments de hussards en reconnaissance. Le Ier corps allemand quand à lui avait reçu l'ordre d'établir un pont à Malroy, Steinmetz lui avait confié les 1ère et 3è divisions de cavalerie, l'allemand avait des pions de la taille d'une division.

TS1_-_1er_aout_4h-7h_du_matin.JPG

Le TS2 (1er août 7h-10h) fut la continuation du TS1, les deux joueurs n'ayant pas repéré l'ennemi et continuant dans leur logique.

TS2_-_7h-10h_du_matin.JPG

Au cours du TS3, les premiers heurts entre cavalerie de reconnaissance eurent lieu et le 15è hussards prussien infligea une défaite au 10è chasseurs à cheval français dans le secteur de Marange et l'Allemand pu bénéficier d'une meilleure reconnaissance.

TS3_-_10h-13h.JPG

Au cours du TS4, le VIIè corps avança la 13è division par la route de Pierrevillers à Roncourt et la 14è par la route de Marange à St Privat. Cette dernière fut retardée par la brigade française du Plessis qui occupait des fortifications établies en lisière du bois à l'ouest de Bronvaux. De son côté, le Ier corps prussien s'arrêta et établit une ligne de feu face aux fortifications françaises autour de Norroy le Veneur. Dans les deux cas, l'Allemand disposait d'une large supériorité, mais il fut intimidé par les retranchements et se contenta d'utiliser son artillerie. Il fit des pertes au Français bien supérieures aux siennes, sans que cela soit décisif.

TS4_-_13h-16h.JPG

Au cours du TS5, la 13è division du VIIè corps continua sa progression par la route de Pierrevillers à Roncourt, la 14è division continua à bombarder les défenses de Bronvaux (69è régiment). Le Ier corps allemand continua de bombarder les défenses de Norroy sans grand succès. Le français, dans le même temps, décida de repositionner sa division de cavalerie à proximité de Roncourt. Il envoya également une brigade d'infanterie occuper St Privat.

TS5_-_16h-19h.JPG

Au cours du TS6, des combats eurent lieu autour de St Privat. Le Français repositionna sa division de cavalerie à Auboué et Comville sans subir de pertes et la brigade Clinchant occupant St Privat (81è et 95è rgts) fut repoussée avec des pertes importantes, l'Allemand (division von Glumer) prit le contrôle de St Privat. La brigade de von Woyna continua son attaque sur Bronvaux et repoussa le 69è régiment français établi en pointe, celui-ci rallia donc le 90è régiment et son brigadier du Plessis. mais la seconde brigade prussienne, celle de von François, fut mise en déroute par un tir de chassepot provenant du 90è régiment. von François fut tué au cours de l'action. Les deux armées établirent leurs campements pour la nuit. Le Ier corps allemand finit, grâce à son artillerie, par démoraliser les défenses françaises de Norroy, le général Potier étant mort, mais la nuit tombant, il fut incapable d'exploiter ce succès et le Français put se réorganiser et réoccuper ses ouvrages de campagne vers minuit.

TS6-19h-22h.JPG

Le premier jour vit donc une progression de l'armée allemande vers ses objectifs, et celle-ci infligea plus de pertes au Français qu'elle n'en reçut.

Jour 2

Le jour 2 commença par la décision allemande de contourner les défenses françaises par le nord. Par conséquent, le Ier Corps prussien reçut l'ordre de suivre le VIIè corps en utilisant la route de Pierrevillers à Roncourt. L'Allemand décida également de faire apparaître le VIIIè corps prussien et de l'avancer jusqu'à Malroy. Le VIIè corps avança, l'Allemand ayant décidé d'entamer son mouvement pour s'emparer de Conflans. Il s'empara de St Ail avec une brigade et prépara l'assaut de Ste Marie aux Chênes avec une division tandis qu'une autre brigade gardait St Privat. la 1ère division de cavalerie, rattachée au VIIè corps avait été positionnée au nord-est de Ste Marie aux Chênes. Von Steinmetz décida de se joindre au QG de Manteuffel, le chef du Ier Corps.

TS7-TT5__2_aout_6h-6h30_du_matin_.JPG

Le Français quand à lui décida de bouger sa brigade d'infanterie de Moineville (brigade Arnaudeau) à Ste Marie aux Chênes pour renforcer sa division de cavalerie et tenter de bloquer l'avance allemande. La brigade Clinchant fut ralliée pendant la nuit et occupa dès les premières lueurs Amanvillers. La division française située à Conflans, celle de Decaen, avec laquelle se trouvait la réserve d'artillerie du corps fut avancée vers Jouaville.

TS8_-_2_aout__7h-10h_du_matin.JPG

Au TS8, la division Decaen arriva en vue de St Ail et chassa la brigade prussienne qui s'y trouvait assez rapidement grâce à des tirs de chassepot très efficaces. Le VIIè corps souffrit beaucoup au cours de ce tour et sept bataillons furent mis hors de combat, la 13è division fut à deux doigts de succomber. Les Français eurent à déplorer de leur côté la perte de 4 bataillons, mais ces pertes furent mieux réparties. Ceci s'explique par la mauvaise utilisation de l'artillerie allemande qui s'acharna sur les défenseurs de Ste Marie aux Chênes au lieu de tenter de stopper l'avance de la division Decaen. l'artillerie manqua donc cruellement aux autres brigades qui se firent décimer à distance par les Français. La brigade Clinchant fut à nouveau mise en difficulté et se maintint avec peine, tandis que l'assaut prussien sur Ste Marie aux Chênes fut un échec car l'Allemand procéda à une attaque frontale et fit se succéder vagues après vagues. Les premières vagues étant stoppées arrêtèrent celles qui suivaient derrière et les désorganisèrent, l'Allemand passa donc son temps à réorganiser ses troupes. Celles-ci furent toutes repoussées avec pertes grâce à l'artillerie française et aux chassepots. A la fin du TS8 apparut les premiers éléments du 1er corps allemand, qui se mirent en bataille pour renforcer l'attaque sur Ste Marie aux Chênes. Cela permit au VIIe Corps de ne pas craquer.

J2TS9__2_aout__10h-13h_victoire_francaise_.jpg

Le TS9 fut le tour qui marqua la victoire française. Bazaine, qui avait bougé son QG au milieu de ses brigades en défense entre Bronvaux et Metz ordonna un mouvement général de toutes ses forces contre les Ier et VIIè corps, deux brigades (Nayral et ex-Potier) arrivèrent ainsi par la route de Woippy à St Privat, la brigade de du Plessis fut mise en action pour bloquer la route de Pierrevillers à Roncourt, coupant ainsi la route de repli allemande, et la brigade Aymard bougea de Rozieurolles vers Amanvillers pour renforcer la brigade Clinchant. Les deux corps allemands se trouvèrent ainsi encerclés et privés d'espace pour pouvoir profiter de leur supériorité d'artillerie. Les forces françaises bloquaient toutes les routes et au nord, l'Allemand était bloqué par l'Orne. L'infanterie française et ses chassepots allaient pouvoir dresser un cercle de feu d'infanterie et d'artillerie de tous côtés tandis que la division de cavalerie française attendait les premières déroutes pour charger et ainsi faire prisonniers les forces allemandes. C'était donc un Sedan à l'envers qui se préparait et le joueur allemand décida de se déclarer vaincu et d'arrêter les frais.

positions_allemandes_lors_du_TS8.JPG

Cette campagne a montré que les mécanismes du jeu marchent bien mais qu'il était difficile de jouer un TS toutes les deux ou trois semaines. Ranger les figurines et les reposer exactement demande de la minutie et du temps. Ce système sera beaucoup plus efficace avec une partie ininterrompue sur 15 jours et un plus grand espace dédié au jeu tactique, mon appartement actuel ne permettant pas une bataille trop importante, d'autant que je n'ai qu'un partenaire de jeu pour l'instant.

Je réfléchis désormais à organiser une seconde campagne, opposant cette fois-ci la Seconde armée allemande aux IIè, IVè et VIè corps français plus la garde, commandés par Napoléon III. Cette campagne aurait pour théâtre le Sud de Metz, jusqu'à Nancy. L'Allemand aura pour but de repousser les forces françaises sur Metz et de s'emparer de Nancy et de Pont-à-Mousson.