Garde impériale: Charles Denis Bourbaki

Bourbaki

Né à Pau le 22 avril 1816 et mort à Cambo-les-Bains le 27 septembre 1897), Il entre à Saint-Cyr, et en 1836 il rejoint les zouaves, puis promu au grade de lieutenant, il entre dans la Légion étrangère. Il assumera également la charge d'aide de camp du roi Louis-Philippe Ier. C'est lors d'une expédition en Afrique qu'il connait le combat pour la première fois. Capitaine des zouaves en 1842, lieutenant-colonel du Premier Zouaves en 1850, colonel des Turcos en 1851, et brigadier général en 1854. Il commanda une partie des troupes algériennes pendant la guerre de Crimée, et il rendit son nom célèbre à Alma, Inkerman et Sébastopol. En 1857 il est nommé général de division, et commande à Lyon en 1859. Son succès dans la campagne d'Italie est dépassé par celui de MacMahon, et en 1862 il est proposé comme candidat au trône vacant de Grèce, mais il décline l'honneur. En 1870 l'Empereur lui confie le commandement de la garde impériale, et il joua un rôle important dans les opérations liées au siège de Metz.

Un curieux évènement du siège de Metz implique Bourbaki. Un homme, qui se fait appeler Régnier, apparait à Hastings vers le 21 septembre, pour demander une entrevue à l'impératrice réfugiée Eugénie, et ne réussit pas à l'obtenir. Il réussit cependant à recevoir du jeune prince impérial une photographie signée avec un message pour Napoléon, qu'il use comme sauf-conduit pour Bismarck, et comme pièce d'identité pour le maréchal Bazaine, auquel il se présente à Metz, lui racontant sous l'autorité de l'impératrice que la paix doit être signée et que le maréchal Canrobert ou le général Bourbaki doit se rendre à Hastings dans ce but. Aussitôt Bourbaki se rend au Royaume-Uni, avec la connivence de la Prusse, croyant qu'il a une mission officielle. Dès qu'il découvre par l'impératrice que l'on s'est moqué de lui, il retourne aussitôt en France.

Il offre ses services à Léon Gambetta et reçoit le commandement de l'armée du Nord, mais il est destitué le 10 novembre et transféré à l'armée de la Loire. À la tête de troupes hâtivement entraînées et mal équipées de l'armée de l'Est, il tente de lever le siège de Belfort mais cette opération, après la victoire inexploitée de Villersexel, finit par la retraite des Français dans la bataille des 3 jours de Lisaine. Les officiers ayant participé à ces évènements font état du peu de combativité et l'excès de prudence de Bourbaki, qui, à l'image de Bazaine à Mars-la-Tour, surestime l'adversaire et sous-estime ses forces, abandonnant finalement le combat sans avoir lancé toutes ses forces dans la bataille.

La retraite de Bourbaki vers Besançon est coupée par d'autres forces allemandes dirigées par Manteuffel, et il est contraint de replier son armée vers la frontière suisse. Ses troupes sont dans la situation la plus déplorable, et manquent de nourriture. Des 150 000 hommes avec qui il était parti, il n'en reste plus que 84 000.

C'est alors le passage en Suisse aux Verrières (commune proche de Pontarlier-Doubs), mais aussi à Sainte-Croix (Vaud) et Vallorbe, où l’armée de l'Est est désarmée puis internée dans les divers cantons de la Confédération, suite à la Convention des Verrières. Cet épisode dramatique est immortalisé par le peintre Édouard Castres (voir note ci-après). Bourbaki lui-même, plutôt que de se soumettre à l'humiliation de la reddition, le 26 janvier 1871, délégue ses fonctions au général Clinchant, et dans la nuit se tire une balle dans la tête, mais la balle, ayant dévié, ricoche contre son crâne et il est sauf. Le général Clinchant transporte Bourbaki en Suisse, où il retrouve assez de force pour retourner en France

En juillet 1871 Bourbaki devient gouverneur militaire de Lyon. En 1881, du fait de ses opinions politiques, il est placé dans le cadre de réserve. En 1885, sa candidature au Sénat est un échec. (cf wikipédia)

Ier Corps: Mac Mahon

Mac Mahon

Patrice de Mac Mahon, comte de Mac Mahon, duc de Magenta, naît le 13 juillet 1808 au château de Sully près d'Autun. Les Mac Mahon sont une famille d'origine irlandaise, réfugiée en France avec Jacques II Stuart en 1689, et se réclamant de la descendance des anciens rois d'Irlande.Ils revendiquent une descendance des seigneurs de Munster. Après l'installation définitive de la famille en France, leur noblesse est reconnue par lettre patente du roi Louis XV. C'est une famille essentiellement militaire (quatorze Mac Mahon ont intégré l'armée).

En 1820, il entre au Petit Séminaire des Marbres à Autun. Il achève ses études au collège Saint-Louis à Paris, puis il entre à l’école spéciale militaire à compter du 23 octobre 1825, il rejoint pour deux ans l’école d’application d’état-major, le 1er octobre 1827. Sorti de Saint-Cyr, il entre dans l'armée en 1827, et sert d'abord lors de l'expédition d'Alger, où il se fait remarquer par sa capacité et sa bravoure. Rappelé en France, il attire de nouveau l'attention lors de l'expédition d'Anvers en 1832. Il devient capitaine en 1833, et cette année-là revient en Algérie. Il mène des raids de cavalerie audacieux à travers les plaines occupées par les bédouins et se distingue au siège de Constantine en 1837. Depuis cette date jusqu’à 1855, il est presque constamment en Algérie et accède au grade de général de division.

Pendant la Guerre de Crimée, on lui donne le commandement d'une division et, en septembre 1855, il mène avec succès l'attaque sur les ouvrages fortifiés de Malakoff, où il prononce son célèbre « J'y suis, j'y reste ! », ce qui aboutit à la chute de Sébastopol.

Après son retour en France, il est comblé d'honneurs et fait sénateur. Désirant pourtant une vie plus active, il refuse le commandement suprême des troupes françaises, et est une fois encore envoyé, sur sa demande, en Algérie, où il vainc complètement les Kabyles. De retour en France, il vote comme sénateur contre la loi inconstitutionnelle sur la sécurité générale, proposée après l'attentat manqué d'Orsini contre la vie de l'empereur.

Il se distingue particulièrement lors de la campagne d'Italie de 1859. Moitié par chance, moitié par audace et par flair, il pousse ses troupes en avant sans avoir reçu d'ordres à un moment critique lors de la bataille de Magenta, ce qui assure la victoire française. Pour ces brillants services, il reçoit de Napoléon III le bâton de maréchal, et est titré duc de Magenta.

En 1861, il représente la France au couronnement de Guillaume Ier de Prusse. En 1864, il est nommé gouverneur général d'Algérie. Son action dans ce poste représente l'épisode le moins réussi de sa carrière. Bien qu'ayant effectivement mis en œuvre quelques réformes dans les colonies, les plaintes sont si nombreuses que deux fois dans la première moitié de 1870 il présente sa démission à Napoléon III. Quand le cabinet Ollivier, qui finit si mal, est formé, l'empereur abandonne ses projets algériens et Mac Mahon est rappelé.

Il participe à la guerre franco-allemande de 1870, essuie plusieurs défaites en Alsace et lors de la bataille de Sedan où il est blessé dès le début des combats. Il est fait prisonnier lors de la capitulation de Sedan. En 1871, il est nommé à la tête de l'armée dite « Versaillaise » qui réprime sévèrement la Commune de Paris en tuant 30 000 personnes, emprisonnant 38 000 et déportant au bagne 7 000 autres.

Porté par sa popularité, il est élu président de la République après la chute d'Adolphe Thiers le 24 mai 1873. Après avoir limogé le président du Conseil Jules Dufaure, il le remplace par le duc Albert de Broglie un monarchiste, projetant ainsi une restauration de la monarchie. Mais l'échec de cette restauration le conduit à voter le septennat présidentiel. Avec le duc de Broglie comme président du Conseil, il prend une série de mesures d'« ordre moral ». L'Assemblée ayant, le 9 novembre 1873, fixé son mandat à sept ans, il déclare, le 4 février 1874, qu'il saurait pendant sept ans faire respecter l'ordre légalement établi. Préférant rester « au-dessus des partis », il assiste plutôt qu'il n'y prend part aux procédures qui, en janvier et février 1875, aboutissent aux lois fondamentales qui établissent finalement la République comme le gouvernement légal de la France. Les élections sénatoriales du 5 janvier 1879 ayant livré la chambre à la gauche, Mac Mahon, qui ne dispose plus d'aucun soutien parlementaire, préfère démissionner le 30 janvier 1879.

Patrice de Mac Mahon meurt le 17 octobre 1893 au château de la Forêt, à Montcresson, près de Montargis, après avoir entrepris la rédaction de ses mémoires et est inhumé le 22 octobre aux Invalides. (cf Wikipedia)

IIe Corps: Frossard

Frossard

Charles-Auguste Frossard est né à Paris le 23 avril 1807. Sorti de l'Ecole polytechnique en 1827, désigné par son rang de classement pour l'arme du génie, lieutenant-colonel en 1849, il se distingue au siège de Rome. En Crimée, où on lui dut d'excellentes mesures et de bonnes méthodes, il confirma sa réputation en construisant un merveilleux réseau d'ouvrages entourant Sébastopol, appelé la 'Dentelle Frossard'. Général de brigade en 1855, général de division en 1858, il commandait l'année suivante le génie de l'armée d'Italie. Après la campagne de 1859, il devint membre de la commission de défense, gouverneur du Prince Impérial, président du comité des fortifications puis commandant en chef du camp de Châlons. Au physique, il était grand et maigre, un corps d'acier, un beau front, un regard vif, pénétrant; une physionomie énergique, des traits nerveux et accentués. La chevelure grisonnante et la bouche surmontée de petites moustaches qui grisonnaient aussi, achevant de donner à cette mâle figure un aspect martial et résolu. Une vaste intelligence, une instruction solide et savante, une bravoure froide et résolue, une autorité de caractère qui commandait le respect à tous, une fidélité inébranlable pour ses devoirs d'amitié, tel était l'homme au moral. (cf: Dick de Lonlay, Français et Allemands, volume 2, pp 2-3) Au cours de cette guerre de 1870-71, il perd la bataille de Spicheren à cause du manque de soutien de la part du IIIe corps de Bazaine. Il participe ensuite à la bataille de Rezonville puis à celle de Gravelotte-St Privat. Lors de cette dernière bataille il défend avec succès ses positions contre les VIIe, VIIIe et IIe corps prussiens sous le commandement de Steinmetz.

IIIe Corps puis armée du Rhin : François Achille Bazaine

Bazaine__IIIeme_Corps.jpg

Son père est le général de corps d'armée Pierre Dominique Bazaine, polytechnicien, ingénieur de mérite de Napoléon Ier, directeur de l’Institut des voies de communications de l’empire russe. Achille Bazaine est né le 13 février 1811 à Versailles, d’une liaison antérieure au mariage de son père, avec une lingère - mercière, Marie-Madeleine, Josèphe dite Mélanie Vasseur. Il a un frère ainé. Achille Bazaine fait des études à l’institution de Bardet, (ou Barbet), rue d'Assas, puis au collège Saint-Louis.

Ayant échoué au concours d'entrée de l'Ecole polytechnique en 1830, il s'engage comme simple soldat en 1831 au 37e régiment de ligne, il est nommé caporal la même année. Il passe caporal fourrier puis sergent fourrier en 1832. C’est avec ce grade qu’il arrive à la Légion étrangère en août. Il y est nommé sergent-major, le 4 novembre, il accède à l’épaulette en 1833 et le 22 juillet, blessé au combat de la Macta d’un coup de feu au poignet, il est promu au grade de lieutenant et reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Depuis 1834, il a rang de maître dans la franc-maçonnerie. Avec la légion, il est cédé par Louis-Philippe à la reine Christine pour combattre les Carlistes. Nommé immédiatement capitaine au titre espagnol, il commande une compagnie de voltigeurs puis il est attaché à l’état-major du colonel Conrad. Il est cité aux combats de Pons en 1835, de Larminar en 1836, d’Huesca en 1837 et de Barbastro en 1837, d’où il tire le corps du général Conrad des mains de l’ennemi, malgré une blessure par balle à la jambe droite. Il est attaché ensuite auprès du colonel Cariès de Senilhes, commissaire du gouvernement français à l’armée de la Reine. En 1838, il rejoint le 4e régiment d’infanterie légère avec son grade français de lieutenant. Le 20 octobre 1839, il retrouve ses galons de capitaine et la légion en Algérie. En 1840, il passe au 8e bataillon de chasseurs à pied. Il prend une part aux expéditions de Miliana où il est cité, de Kabylie et du Maroc. Promu au grade de chef de bataillon, le 10 mars 1844, il est affecté au 58e régiment d’infanterie de ligne en qualité de chef du bureau arabe de Tlemcen. Il est promu officier de la Légion d’honneur après le combat de Sidi Kafir, le 9 novembre 1845. Cité au combat de Sidi Afis, le 24 mars 1846, il passe au 5e régiment d’infanterie de ligne toujours chargé des relations arabes, en 1847. Il est cité au combat d’Afir pour sa contribution à la soumission d’Abd El-Kader en décembre. Promu lieutenant-colonel le 11 avril 1848, il est affecté au 19e régiment d’infanterie légère puis revient au 5 e régiment d’infanterie de ligne le 30 août en qualité de commandant supérieur de la place de Tlemcen. Le 4 juin 1850, il est nommé colonel au 55e de ligne et directeur des affaires arabes de la division d’Oran. Le 4 février 1851, il est placé à la tête du 1er régiment de la Légion étrangère et le mois suivant il commande la subdivision de Sidi bel-Abès, poste qu’il occupe jusqu’en 1854. C’est pendant ce temps de commandement qu’il épouse Maria Juaria Gregorio Tormo de la Soledad, le 12 juin 1852. Le 28 octobre 1854, il est admis en 1e section des officiers généraux avec le grade de maréchal de camp et commande deux régiments de la Légion à l'armée d'Orient. Le 10 septembre 1855, il devient commandant militaire de Sébastopol et général de division le 22 septembre suivant. Lors de la campagne de Crimée, il est blessé et cité au combat pendant l’attaque de la Quarantaine, avec un cheval tué sous lui, le même jour. En octobre, il gagne une autre citation et la cravate de commandeur de la Légion d’honneur pour la prise de la position de Kinbourn en Crimée à l'embouchure du Dniepr, il en obtient la reddition en trois jours. À son retour en France, il occupe des postes d'inspecteur de l'infanterie puis commande la 19e division militaire à Bourges. Commandant la 3e division d'infanterie du 1er Corps de Baraguey d'Hilliers, il est proche de ligne des combats à Melegnano, le 8 juin 1859, et à Solférino le 24 juin, où il a un cheval tué sous lui lors de la conquête du cimetière et de nouveau cité. De retour à Paris, il est nommé inspecteur général du 4e puis du 5e arrondissement de l’infanterie. Le souvenir de l’Espagne lui fait suggérer à Napoléon III qu’on peut prêter la légion étrangère au nouvel empereur du Mexique. Cette idée deviendra celle de l'empereur. Commandant la 1e division d’infanterie du corps expéditionnaire au Mexique le 1er juillet 1862, son action est décisive lors de la prise de Puebla en 1863. Il est cité et remplace le général Forey comme commandant en chef. Il reçoit encore une citation à la bataille de San Lorenzo et les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur, le 2 juillet 1863. Il est élevé à la dignité de maréchal de France par décret impérial du 5 septembre 1864 et élu sénateur le 5 septembre. Il commande en personne le siège d’Oaxaca en février 1865, à la suite de quoi, l’empereur le complimente et le décore de la médaille militaire, le 28 avril 1865. Son épouse décède de pleurésie, au domicile de son beau-frère, alors que son mari est au Mexique. Bazaine compromet une jeune fille de dix-sept ans, Maria-Josefa Pedraza de la Peña y Barragán, se fiance le 28 mai 1865 puis l’épouse. Maximilien leur offre le palais de Buena Vista. Ses relations avec l'empereur Maximilien deviennent tendues. Il est accusé de faire durer l'expédition contre la volonté de Napoléon III et il est rapatrié. Il obtient le 12 novembre 1867, le commandement du 3e corps d'armée à Nancy et l'année suivante il commande le camp de Châlons puis remplace Regnaud de Saint-Jean d'Angély à la tête de la Garde impériale. Le 12 août 1870, en pleine guerre, Bazaine, alors à la tête du 3e corps d'armée, est nommé commandant en chef de l'armée du Rhin qui battue, s'efforce de se replier de Metz. Cependant, alors que s'offre à lui l'occasion de détruire plusieurs corps de l'armée ennemie suite à la bataille de Mars-la-Tour, le 16 août, il décide, à l'étonnement général de sa suite, de replier son armée de 140 000 hommes vers Metz. Il livre combat à St Privat, mais refuse d'envoyer les renforts nécessaires au VIe corps de Canrobert et perd ainsi la bataille. Il se laisse ainsi couper de la France libre et donc de ses réserves. Dirigeant la seule véritable armée organisée de France à ce moment, il semble convaincu de son importance pour l'avenir de la France et tente de nouer des intrigues, notamment avec l'Impératrice, probablement pour restaurer l'Empire déchu depuis le 4 septembre. Il négocie également avec les Allemands l'autorisation d'une sortie de son armée « pour sauver la France d'elle-même », c'est-à-dire de la poussée républicaine, voire révolutionnaire. C'est sur ce point qu'il s'oppose vigoureusement avec le capitaine Louis Rossel qui veut poursuivre la guerre et ne pas trahir son pays (ce dernier sera le seul officier à rejoindre dès le 19 mars 1871 la Commune de Paris). Finalement, les négociations souhaitées par Bazaine s'éternisent et les vivres viennent à manquer dans la cité messine. Alors que depuis la chute de Sedan, le 2 septembre, il représente le dernier espoir du camp français, Bazaine renonce à poursuivre le combat et capitule le 27 octobre. Cette reddition est souvent expliquée par le manque de motivation de Bazaine à défendre un gouvernement qui correspondait de moins en moins à ses idéaux politiques. La nouvelle de cette reddition afflige la France, alors que le général Trochu ne parvient pas à desserrer l'étau allemand autour de Paris assiégée. Léon Gambetta, parti à Tours dans l'espoir de rassembler une armée de libération, comprend que sa tentative est désormais vaine et il lance une proclamation où il accuse explicitement Bazaine de trahison. La défection de Bazaine libère en effet juste à temps l'armée de siège allemande qui accourt à Orléans pour faire front à l'initiative en cours de levée d'une armée républicaine. Il est dès lors aisé de faire supporter le poids moral de la défaite à Bazaine. En août 1873, il arrive à Paris, où une procédure de conseil d’enquête est ouverte sur l’initiative du général Cissey. Le conseil d’enquête donne son avis qui se traduit par plusieurs blâmes. L’intéressé demande alors sa présentation devant un conseil de guerre. Les royalistes et les républicains tiennent leur bouc émissaire pour faire porter toutes les responsabilités des défaites à un bonapartiste et justifier le 4 septembre, démontrant ainsi l'incapacité de l'Empereur, par personne interposée. Quant à certains bonapartistes, ils ne sont pas mécontents que Bazaine soit jugé, occultant ainsi les responsabilités de Napoléon III. Bazaine est donc la victime expiatoire idéale qui est traduit devant un conseil de guerre siégeant au Grand Trianon, le duc d'Aumale, président, le condamne à la peine de mort avec dégradation militaire pour avoir capitulé en rase campagne, traité avec l'ennemi et rendu la place de Metz avant d'avoir épuisé tous les moyens de défense dont il disposait. Sa peine est commuée en 20 années de prison, sans cérémonie de dégradation, par le nouveau maréchal-président Mac-Mahon, qui lui-même avait été battu à Sedan. Il est incarcéré au fort de l’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes. Avec l’aide de l’ex-capitaine Doineau, des bureaux arabes, de son aide de camp, le lieutenant-colonel Henry Willette et de son épouse, qui partagent sa captivité, il parvient à s’évader dans la nuit du 9 au 10 août 1874 et à s'enfuir en Espagne. Il se réfugie à Madrid où, le 17 avril 1887, un voyageur de commerce français, Louis Hillairaud, le blesse d'un coup de poignard au visage. François Bazaine meurt d'une congestion cérébrale le 23 septembre 1888. Il est inhumé au cimetière de San Justo. (Source: Wikipedia)

IVe corps: Paul Ladmirault

Ladmirault.jpg

Né le 17 février 1808 à Montmorillon, ce fils d'un ancien émigré est issu d'une vieille famille de petite noblesse du Poitou.
   Admis à Saint-Cyr en 1826 (dans la même promotion que le futur maréchal Canrobert, dont il était camarade de collège), il en sort sous-lieutenant au 62e Régiment d'Infanterie de Ligne en 1829. Passé lieutenant au 67e Régiment en 1831, il entame dès lors un long parcours d'officier colonial en Algérie où il se distingue à plusieurs reprises. Adjudant-major en 1834, il passe capitaine dans les Zouaves en 1837. Capitaine adjudant-major en 1839, il est fait chef de bataillon en 1840.
   Il passe la même année dans les Chasseurs d'Orléans dont il commande un bataillon. Muté au 2e Bataillon d'Infanterie Légère en 1841, il est aussi chargé du cercle de Cherchell. Promu lieutenant-colonel en 1842, il devient colonel au régiment des zouaves en 1844 et participe à l'expédition de Kabylie. Créé général de brigade le 12 juin 1848, il prend la tête de la subdivision de Médéa. Promu général de division le 14 janvier 1853, il participe à la campagne d'Italie sous les ordres du maréchal Baraguay d'Hilliers. Il prend une part décisive aux combats de Melegnano et de Solférino, bataille durant laquelle il est blessé à deux reprises.
   Nommé commandant de la 1e division de la Garde impériale en 1863, il est fait Sous-gouverneur de l'Algérie en 1865 puis sénateur en 1866. Après avoir commandé le camp de Châlons, il prend la tête du 2e Corps à Lille en 1867. Durant la Guerre franco-allemande de 1870, il commande le 4e corps de l'armée du Rhin sous les ordres de Bazaine. Il participe aux batailles de Mars-la-Tour et de Saint-Privat. Durant la seconde, il repousse les Allemands devant Amanvillers. Enfermé dans Metz, il y est fait prisonnier par la capitulation de l'armée Bazaine. Libéré pour participer aux opérations contre la Commune de Paris, il dirige le corps d'armée qui prend la porte de Saint-Ouen et s'empare de Montmartre. Nommé Gouverneur militaire de Paris en 1871, il siège au sein du Conseil Supérieur de la Guerre, et succède à Mac Mahon à la tête de l'armée de Versailles lorsque ce dernier devient président de la République. Il occupe enfin la vice-présidence du Sénat.
   Il décède le 1er février 1898 à Sillars.
   Sa statue orne la place de l’église Saint-Martial, dans sa ville natale de Montmorillon.

Ve corps: Pierre Louis Charles de Failly

Ve_Corps_De_Failly.jpg

Il naît le 21 janvier 1810 à Rozoy-sur-Serre (Aisne). Fils de Charles, Louis comte de Failly et de Sophie de Mons de Maigneux (parfois orthographié sur certains documents Desmons). Sorti de l'école de Saint-Cyr en 1828, il fit ses premières armes à Paris, dans la triste affaire de la rue Transnonain, où il gagna une réputation de cruauté militaire. Le crayon de Daumier a reproduit l'épisode de la maison Doyen avec une singulière énergie. Colonel au mois d'août 1851, général de brigade le 29 août 1854, il fit la campagne de Crimée et revint général de division. Il épouse en 1857 Felicité de Frézals de Bourfaud née à Compiègne le 19 avril 1821. Après la campagne d'Italie, de Failly fut nommé grand-officier de la Légion d'honneur. En 1867, il était chargé d'arrêter net la tentative de Garibaldi sur les États romains ; c'est alors qu'après Mentana il écrivit : « nos fusils Chassepot ont fait merveille », phrase malencontreuse qui lui fut durement reprochée. Sénateur, commandant le 5e corps d'armée en 1870, le favori impérial donna la mesure de son esprit militaire en laissant écraser Mac-Mahon à Froeschwiller, le 6 août 1870. Le 30 août, méprisant les avertissements des habitants de Beaumont-en-Argonne, il se laissait surprendre, près de la Meuse, au moment où ses soldats mangeaient la soupe. Victime de l'impéritie de son chef, la division de Failly écrasée, découvrit le corps principal de l'armée, en marche sur Sedan, et sa déroute précipita le désastre final. Failly est démis de son commandement, et se retrouvera prisonnier après la capitulation de Sedan. À sa rentrée d'Allemagne, le général de Failly, échappé au Conseil de guerre, se fit oublier et vécut dans la retraite.

VIe corps: François Certain de Canrobert

canrobert1.jpg

Né à Saint-Céré dans le Lot, le 27 juin 1809, où sa maison natale subsiste et où un monument à son effigie est dressé place de la République. Son acte de naissance ne porte pas de particule, mais deux documents délivrés postérieurement par la mairie de Saint-Céré en font état. À sa naissance, son père, ancien capitaine, est âgé de 55 ans. Cet officier de l'Ancien Régime a servi à l'armée de Condé et émigré en 1791. Son demi-frère, Antoine, brillant officier issu de Saint-Cyr a été tué par un boulet de canon à Fleurus le 16 juin 1815, en combattant pour l'Empereur. Il entre à l’école royale spéciale militaire de Saint-Cyr, le 19 novembre 1826, où il est nommé caporal le 18 mai 1828. À sa sortie de l’école, il intègre le 47e régiment d'infanterie de ligne, avec le grade de sous-lieutenant à compter du 1er octobre. Il y sert jusqu’en 1840 et y est promu lieutenant le 20 juin 1832.

En 1835, il arrive avec son unité en Algérie où il combat sur les bords de l’oued Sig et de l’Habra. En 1836, il est aux combats de Dar el Achen, de la Tafna, à Sidi Yacoub, à La Silal et à Bet el Laham. Il est nommé lieutenant adjudant major, le 28 septembre 1836. Le 26 avril 1837, il est promu capitaine et occupe les fonctions de capitaine adjudant major. Il prend part, au combat de Medjeoly-Amar et au siège de Constantine où, adjoint au colonel Combes, il est blessé et gagne la croix de chevalier de la Légion d'Honneur. Il est versé au 6e bataillon de chasseurs à pied, le 17 octobre 1840. Il est au col de la Mouzaïa, puis l’année d’après, il participe aux combats de Nador, de Moursia et contre les Flittas. En 1842, avec le grade de chef de bataillon depuis le 22 mai, il rejoint le 13e régiment d'infanterie légère. Le 16 octobre, il passe au 5e bataillon de chasseurs d'Orléans, où il gagne la croix d’officier de la Légion d’honneur en s’illustrant aux combats de Gontas, Baal, Tadjena, Sidi-Brahim, puis près de l’oued Lemig, au combat de l’Isly et à Riou. Promu lieutenant-colonel, le 26 oct. 1845, il est muté au 16e régiment d'infanterie de ligne. L’année d’après, il rejoint le 64e régiment d'infanterie de ligne, le 4 septembre. Le 8 juin 1847, il est au 2e régiment d'infanterie de ligne et commande la subdivision de Batna. Promu au grade de colonel, le 8 novembre, il est versé au 3e régiment d'infanterie légère qu’il quitte le 31 mars 1848 pour prendre les fonctions de chef de corps du 2e régiment étranger, tout en gardant la subdivision de Batna. Avec cette unité, il prend le bey Achmed. En juin il permute avec le colonel de Cariés de Senilhes et prend le commandement du 3e régiment de zouaves et de la subdivision d’Aumale. En 1849, il est à Beni Mélikech, Sameur, Al Amri puis commande au siège de Zaatcha, où il gagne la cravate de la Légion d’honneur le 10 décembre. Rappelé en France par le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, il est nommé maréchal de camp (général de brigade) à compter du 12 janvier 1850. Il est nommé commandant de la brigade d’infanterie de la 1re division de Paris, le 8 mars 1850, puis commandement de la 3e brigade, le 9 février 1851 et contribue à la réussite du coup d'État du 2 décembre 1851 en réprimant durement la tentative de soulèvement des républicains. Il fait procéder à 26 000 arrestations dont 10 000 hommes sont déportés en Algérie. Il faut également déplorer 300 victimes dans la foule, dont quelques bavures peu glorieuses. Il cumule sa fonction avec l’emploi d’aide de camp du prince–président, puis de l’Empereur. Promu général de division, le 14 janvier 1853, il commande la division d’infanterie au camp d’Helfaut-Saint Omer, à partir du 27 avril. En mai, il devient inspecteur général du 5e arrondissement de l’infanterie pour l’année 1853 avant d’être nommé à la division d’infanterie de l’armée d’Orient, le 23 février 1854. Général de division, il participe ensuite à la guerre de Crimée et assume le commandement en chef après le maréchal de Saint-Arnaud. Il prend part aux combats de la Dobrudja et à la bataille de l'Alma, où il est légèrement blessé. Il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur, le 1er octobre. Présent à Balaklava, et à Inkerman, il y est blessé le 5 nov. 1854. Il est alors promu grand-croix de la Légion d’honneur. Le 13 janvier 1855, il reçoit la médaille militaire. Jugé trop timoré, il est relevé par le général Pélissier. Il reprend à sa demande le commandement de son ancienne division, devenue 1re division d'infanterie du 2e corps. Cette situation étant moralement difficile, Napoléon III insiste pour qu'il rentre en France. Devant plusieurs refus, il le nomme à nouveau son aide de camp et en août, lui intime l'ordre de rentrer à Paris pour occuper ses fonctions. Ses différends avec Lord Raglan, général de l'armée britannique, l'obligent à se démettre de son commandement. Le 18 mars 1856, il est élevé à la dignité de maréchal de France. Durant cette guerre de Crimée, le général était toujours optimiste dans ses dépêches qu'il terminait par: "Tout va bien, signé Canrobert". Cette expression est restée dans la langue française pour désigner le fait de dissimuler ou minimiser une situation grave. En février 1858, il commande les divisions de l’Est, à Nancy, puis le camp de Châlons, à compter du 1er juin 1858. Le 22 avril 1859, il reçoit le commandement du 3e corps de l’armée des Alpes et participe à la campagne d'Italie d’avril à juillet, passe par Turin, Dorial, Balba, Magenta et Solferino. Il se distingue à la bataille de Magenta (4 juin 1859) et contribue largement à la victoire lors de la bataille de Solférino (24 juin 1859). Il rejoint alors la garnison de Nancy avec son corps d’armée. Il devient commandant du 3e arrondissement militaire de Nancy, le 27 août. En 1862, il commande les troupes du camp de Châlons puis passe au commandement supérieur du 4e corps d’armée de Lyon à compter d’octobre. Le 22 juin 1865, il commande le 1er corps d’armée et la 1re division militaire de Paris. Le 12 août 1870, il refuse de prendre le commandement de l'armée du Rhin, effrayé par les responsabilités qui en découlent, abandonne ce commandement vicié à Bazaine et devient un subordonné obéissant. Les 16/18 août, il commande le 6e corps d’armée du Rhin qui se distingue à Saint-Privat où il fait face au XIIe corps (saxons) et à la garde prussienne. Ses troupes déciment cette dernière, mais faute de munitions et de renforts, il abandonne sa position. Il est fait prisonnier avec le maréchal Bazaine lors de la reddition de Metz. Après plusieurs mois de captivité, il est libéré et regagne la France en mars 1871. Il est alors nommé président de la commission d’avancement de l’infanterie puis membre du conseil supérieur de la guerre en 1872, membre du comité de défense en 1873. Il fait une carrière politique dans le groupe de l'Appel au peuple, en étant élu sénateur du Lot en 1876 puis sénateur de la Charente en 1879, fonction qu'il occupe jusqu'en 1894. Il fut l'un des chefs du parti bonapartiste. Doyen des maréchaux de France de son époque, il décède à son domicile parisien, le 28 janvier 1895. Les obsèques furent célébrées le dimanche 3 février 1895 en l'église Saint Louis des Invalides. L'amiral Henri Rieunier, ministre de la marine, fut désigné pour tenir l'un des cinq cordons du char funèbre. (Cf: Wikipedia)

VIIe corps: Félix Douay

felix_Douay.jpg

Né le 14 août 1816 à Paris mort le 5 mai 1879. Il s'enrôle dans l’Infanterie de marine à 16 ans et après six ans d’engagement il est nommé sous-lieutenant en octobre 1838. Il devient lieutenant en 1840, capitaine en janvier 1843, chef de bataillon en juillet 1849, lieutenant-colonel en janvier 1853 et colonel le 26 juin 1855. Il sert en Algérie de mars 1845 à juin 1848. Il est cité à l’ordre de l’armée d’Afrique pour sa belle conduite dans la défense de Mostaganem. Il repart en Algérie de 1850 à 1853 puis sert en Crimée de 1854 à 1855. Il devient général de brigade le 10 juin 1859 lors de la campagne d’Italie. Il part au Mexique de 1862 à 1867 où il obtient le grade de général de division le 14 janvier 1863. De retour en France, il est aide de camp de l’Empereur d’avril 1868 à juillet 1870. Au début de la guerre de 1870 il est commandant du 7ème corps de l’armée du Rhin, son frère, Abel Douay commande les forces françaises à Wissembourg et est tué au cours de ce combat. 'La Débâcle' d’Émile Zola raconte les péripéties de soldats appartenant au 7e corps. Il est fait prisonnier à Sedan le premier septembre 1870 et reste en captivité pendant 6 mois puis se retire à Lusigny dans l’Eure et Loir. En avril 1871 il est nommé au commandement du 4ème corps d’armée qui doit reprendre Paris aux insurgés de la Commune. Il devient inspecteur général des corps d’armée et responsable des première, deuxième et troisième régions militaires le 11 février 1879. Il meurt le 5 mai 1879.