Iere armée: Karl Friedrich von Steinmetz

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Karl Friedrich von Steinmetz est instruit à l'école des cadets de Słupsk en Poméranie de 1807 à 1811, dans la misère et la pauvreté provoquées par l'occupation française. Au début de la guerre de sixième coalition, malgré leur pauvreté, son frère aîné et lui sont immédiatement intégrés dans l'armée et font leurs classes à Breslau, l'aîné comme aspirant, le plus jeune au rang de sous-lieutenant. Après une vaine tentative de transfert dans le régiment hussards de Blücher qui fait l'admiration du jeune homme, il est mis sous les ordres du général Yorck, qui accueille avec froideur les officiers de Breslau.

Les deux frères participent aux combats les plus durs de la campagne de 1813, l'aîné est tué à la bataille de Leipzig et le plus jeune est blessé. Pendant la courte halte sur le Rhin il utilise son temps à parfaire son éducation et sa formation militaire. Dans la campagne de France, il reçoit la croix de fer. Après la paix il entre à Paris où craignant de perdre les dix ducats qu'il économise sur sa solde mensuelle pour envoyer à sa mère, il se tient à l'écart de ses camarades plus fortunés qui profitent de la vie parisienne. Les circonstances qui lui imposent ce mode de vie spartiate, qui forge son caractère et son physique, le rendent amer. Sa pauvreté et son manque d'influence évidente lui valent d'être affecté, après la guerre, au 22e régiment d'infanterie de la garde, posté à Berlin.

Il se consacre rigoureusement à ses études et à sa profession. De 1820 à 1824 il fait de brillantes études à l'académie générale de la guerre, avant d'être affecté à la section topographique de l'état-major. Le général Karl Freiherr von Müffling rapporte de lui qu'il était trop fier pour accepter les encouragements qu'il considérait sans doute comme de la compassion, eut égard à sa condition, mais que ses capacités lui permettraient pourtant de surpasser ses camarades. Peu de temps après cela, son mariage avec sa cousine Julie, fille du lieutenant-général KKF von Steinmetz (1768-1837), améliore sensiblement sa condition matérielle. Son beau-père se montre généreux avec le jeune couple, qui aménage non loin, à Potsdam où Von Steinmetz est nommé capitaine de la Landwehr de la Garde, ce qui leur permet des visites quotidiennes. Son commandant de brigade, le général Von Röder, est un bon soldat, qui lui prodigue une excellente formation.

Vers 1830 sa carrière militaire se poursuit sans incident pendant plusieurs années passées dans diverses garnisons, jusqu'à ce qu'il devienne commandant et chef de bataillon, en 1839. Il a alors de nombreuses divergences de vue avec ses supérieurs, qui estiment qu'il entraîne trop rudement ses troupes quelle que soit la saison. Heureusement la gentillesse de son épouse adoucit les relations.

En 1848 il est aux commandes d'un bataillon de la garde pendant les troubles à Berlin, mais il n'est pas engagé, et trouve bientôt un emploi plus actif dans la guerre danoise. À la bataille de Schleswig, le 23 avril 1848, il se distingue au point que Von Wrangel, commandant en chef, dira plus tard que c'est lui qui décida du sort de la bataille. Il s'est distingué encore à la bataille de Dybbøl, et le prince Guillaume Ier lui-même le décore de la croix de l'Ordre Pour le Mérite.

Le délicat commandement des troupes de Brandebourg lui est confié, alors que l'esprit de révolte se répand parmi la troupe. À l'heure de l'incident d'Olmtz-Bronnzell de 1850, il est employé en tant que gouverneur militaire de Cassel. En 1851 il est nommé colonel, commandant de l'école des cadets de Berlin. Il commence immédiatement une réforme de l'instruction, dont il a si souvent depuis 1820 condamné les défauts. À plus de cinquante ans, il apprend maintenant le latin et l'anglais qu'il estime nécessaires pour être un meilleur instructeur.

En 1854, après 41 années de service actif, il est promu major-général. À Magdebourg, comme à Berlin, son ardeur réformatrice lui cause de nombreux ennemis, et en octobre de cette année son esprit est ébranlé par la mort de sa plus jeune et dernière fille survivante, âgée de vingt-six ans. Il quitte Magdebourg pour commander une brigade de la garde à Berlin (1857), et presque immédiatement pour commander une division du 1er corps. Au début de 1858 il est nommé lieutenant-général, et pendant les cinq années qu'il occupe ce grade, il se consacre particulièrement à acquérir la connaissance de la cavalerie. Vers 1863, apprenant que Von Bonin, son aîné en âge, mais son cadet en temps de service, est sur le point d'être nommée au commandement du 1er corps, il songe à la retraite. Mais les autorités militaires, après avoir nommé Bonin, font de Steinmetz le commandant du 2e corps, puis du 5e corps à Posen, quand le Prince héritier de la couronne le remplace au commandement du 2e corps. C'est peu de temps après que son épouse décède.

En 1864, il est promu général d'infanterie, et mène le 5e corps à la Guerre austro-prussienne en 1866. C'est sa période de gloire. Au cours de la bataille de Nachod, de la bataille de Skalitz et de la bataille de Schweinschädel, trois batailles gagnées en trois jours successifs, sa conduite habile et résolue ouvre la route des montagnes malgré la défaite de Bonin à la bataille de Trautenau. En 1867, dans sa solitude, celui qu'on appelle désormais : le « lion de Nachod », contracte un deuxième mariage avec Elise von Krosigk. Ayant été gratifié d'une pension pour ses brillants états de services en 1866, il est maintenant, pour la première fois de sa vie, un homme riche. Il est élu au parlement de la Confédération de l'Allemagne du Nord.

À la manifestation de la guerre franco-allemande de 1870 Steinmetz est nommé au commandement d'une des trois armées rassemblées sur le Rhin. Il ne faut pas longtemps pour que des différents sérieux surgissent entre Steinmetz et Frédéric Charles.

Steinmetz, rendu amer par une lutte perpétuelle contre les influences de la richesse et de la position, et sans doute légèrement grisé par ses succès de 1866, considère que l'ordre de dégager les routes pour laisser passer l'armée du prince comme une tentative destinée à l'évincer, lui l'humble général, de la ligne des combats. Divers incidents ajoutent jour après jour à son ressentiment, jusqu'à la bataille de Gravelotte où il perd son sang-froid et, désobéissant aux ordres de Von Moltke, lance une attaque sur l'aile gauche avec le 1er corps d'armée, qui se solde par de lourdes pertes. Après cela, l'état-major n'a d'autre alternative que de lui retirer son commandement et de le renvoyer à l'arrière comme gouverneur-général des 5e et 6e districts de corps d'armée.

En avril 1871, à sa propre demande, il est mis à la retraite, mais ses services rendus ne sont pas oubliés pour autant. Quand la victoire atténue les animosités, il est fait Feld-maréchal avec une pension de 2 000 Talers et devient membre de la haute chambre.

Dans l'esprit de fidélité qui a guidé toute sa carrière de soldat, il ne fait aucune tentative pour justifier sa conduite de 1870 contre les critiques personnelles ou des historiens officiels.

Sa retraite est tranquille et heureuse, il se maintient en bonne santé physique, mais meurt peu après à Lądek-Zdrój (Pologne actuelle) le 4 août 1877.

Le 37e régiment de fusiliers de l'armée allemande porte son nom. (cf Wikipedia)

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MANTEUFFEL EDWIN baron von (1809-1885)

Edwin von Manteuffel est originaire de basse Lusace. Il entre en 1827 dans l'armée. En 1840, il est l'aide de camp du prince Albert de Prusse, en 1848 celui du roi Frédéric-Guillaume IV, qui lui confie de nombreuses missions diplomatiques. En 1857, il est chef du cabinet militaire du roi et directeur du personnel au ministère de la Guerre. Il compte parmi les « généraux politiques » qui mettront en œuvre la réforme de l'armée prussienne, rempart de la monarchie conservatrice. En 1865, il est gouverneur du duché du Schleswig. Il participe en 1866 à l'invasion du Hanovre et, à la tête de l'armée du Main, prend Francfort et fait campagne contre la Bavière. Pendant la guerre de 1870, il commande le premier corps d'armée prussien et participe à la bataille de Borny et à l'encerclement de l'armée de Bazaine dans Metz. Il remplace ensuite von Steinmetz à la tête de la première armée. Il repousse le général Faidherbe, au nord, en novembre 1870 et, à l'est, contraint l'armée du général Bourbaki à passer en Suisse en février 1871. Chef de l'armée d'occupation en France (1871-1873), il est apprécié de ses interlocuteurs français pour son sens de la conciliation. En 1879, en qualité de Statthalter, il est chargé de mettre en application la nouvelle constitution de la « terre d'Empire » d'Alsace-Lorraine. S'inscrivant sur la toile de fond de la nouvelle politique intérieure de Bismarck, qui vise à la liquidation du Kulturkampf et au rapprochement avec les catholiques, la politique de Manteuffel sera une politique d'ouverture. Il libéralise considérablement le régime de la presse, se rapproche de l'épiscopat alsacien-lorrain. Il est obligé de revenir très rapidement sur ces mesures, interdisant la presse démocrate-protestataire (1881) et catholique (1884). Les succès électoraux de la protestation urbaine (Kablé à Strasbourg, Antoine à Metz), l'échec d'un parti catholique « autonomiste » (Mgr Stumpf à Strasbourg, Jacques à Metz) masquent la progression du ralliement des « notables », terme qui est resté pour qualifier le régime de Manteuffel en Alsace-Lorraine.

cf article de François IGERSHEIM pour l'Encyclopedia Universalis

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VIIe corps: von Zastrow

Alexander Friedrich Adolf Heinrich von Zastrow (11 août 1801 - 12 août 1875) Heinrich von Zastrow est né en 1801 dans une famille d'ancienne noblesse, il est le fils d'Alexander Heinrich Gebhard von Zastrow (1768–1815) et de Mathilde von Blankenstein (1777–1868). Zastrow entre dans l'infanterie prussienne comme second lieutenant en 1819. En 1836 il devient membre de l'état-major prussien. De 1839 à 1842 il est envoyé en mission dans l'Empire ottoman. Zastrow est promu major en 1848 et sert dans le Schleswig. En 1850, on lui confie le commandement d'un bataillon du 2e régiment d'infanterie. En 1852, Zastrow devient commandant de la garnison de Stralsund. En 1856, à l'âge de 55 ans, Zastrow épouse la comtesse Ottilie von Rantzau, de seize ans sa cadette. Il est promu colonel du 28e régiment d'infanterie puis major-général de la 19e brigade. En 1863, on lui confie le commandement de la 11e division d'infanterie et il est promu lieutenant-général. Il commande sa division à la bataille de Sadowa, au cours de la guerre Austro-Prussienne de 1866. En 1870, on lui donne le commandement du VIIe Corps. Il se distingue à Spicheren, Gravelotte-St Privat et lors du siège de Metz. Après la chute de Metz Zastrow assiège Thionville, Montmédy et Mézières. Il est ensuite placé sous les ordres de Manteuffel qui commande l'armée du Sud. Après la guerre, il est récompensé pour ses services par une somme de 100 000 thalers. Il prend sa retraite de l'armée en 1872.

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VIIIe corps: von Goeben

August Karl von Goeben (10 décembre 1816 – 1880) Né à Stade près de Hamburg dans le royaume du Hannovre, il décide dès son plus jeune âge à entrer dans l'armée prussienne et à l'âge de 17 ans, il devient officier dans le 24e régiment d'infanterie. L'inaction dûe à la paix l'ennuit et il quitte son service en 1836 pour s'engager dans l'armée carliste durant la première guerre carliste qui secoue alors l'Espagne. Au cours des cinq campagnes durant lesquelles il sert Don Carlos, il connaît des fortunes diverses, étant fait prisonnier deux fois. Après sa libération, il sert jusqu'en 1840 en se distinguant. Cette année là, il retourne en Prusse désargenté et accepte de troquer son grade de lieutenant-colonel pour celui de sous-lieutenant. En quelques années, il devient capitaine au sein du grand état-major général et en 1848 il est transféré auprès de Moltke au sein de l'état-major du IVe corps. Les deux hommes deviennent vite amis et ils le resteront toute leur vie. Lors de l'insurrection de Bade, Goeben se distingue dans l'état-major du prince Guillaume, le futur Guillaume Ier. En 1863, Il devient major-général et prend le commandement de la 26e brigade d'infanterie.

Au cours de la guerre Dano-Prussienne de 1864, il se distingue à la tête de sa brigade à Rackebull et Sonderburg.En 1866, avec la guerre Austro-prussienne, il devient Lieutenant-Général et commande avec succès la 13e division, un commandement quasi-indépendant. Il se distingue lors des actions de Dermbach, Laufach, Kissingen, Aschaffenburg, Gerchsheim, Tauberbischofsheim et Würzburg. La guerre de 1870 le place à la tête du VIIIe Corps. Il devient le principal acteur de la victoire de Spicheren et est le seul général de corps à s'en sortir avec les honneurs dans le secteur sud de la bataille de Gravelotte-St Privat le 18 août. Sous les ordres de Manteuffel, il participe aux opérations autour d'Amiens et de Bapaume et le 8 janvier 1871, Goeben devient le commandant de la 1ere armée. Il achève la campagne prussienne dans le nord de la France par la victoire de St Quentin (19 janvier 1871). Après la guerre, il commande le VIIIe Corps à Coblenz jusqu'à sa mort en 1880.

IX e Corps : von Manstein

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Albert Ehrenreich Gustav von Manstein (24 août 1805; † 11 mai 1877, Flensburg, Allemagne) était un général prussien d'infanterie. Il entre en 1822 au troisième régiment d'infanterie et est nommé premier lieutenant en 1841 à l'état-major du premier Corps d'armée. En 1863, il est promu lieutenant général et commandant de la 6e Division. Il se distingue à la tête de sa division lors de l'attaque sur le Dybbøl durant la guerre contre le Danemark en 1864. Au cours de la guerre austro-prussienne de 1866, il dirige la réserve de la 1ère Armée, avec laquelle il gagne la bataille de Hradec Kralove en intervenant de manière décisive. Pour son service militaire, il reçoit le 20 septembre 1866, la distinction 'Pour le Mérite'. En 1867, il prend le commandement du IXe Corps d'Armée et en 1868 est nommé général de l'infanterie.

Au cours de la guerre franco-allemande de 1870-71, il participe à la bataille de Gravelotte-St Privat et plus tard aux combats d'Orléans et du Mans avec succès. Pour son service dans cette guerre, il reçoit une subvention de 100.000 thalers. Manstein est le grand-père adoptif de Erich von Lewinski, appelé von Manstein, le feld-maréchal de la Seconde Guerre mondiale.